« Crêpeuse de pignons » : le filon des blogs autos de filles ?

Twitter, février 2015

La toile bruisse au lancement d’un nouveau blog auto : « Les crêpeuses de Pignons » débarquent, et se voient adoubées par les plus grands « comptes » auto en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Un blog de filles, un blog nouveau, un blog qui maîtrise sa com’ et qui s’impose rapidos comme « la » curiosité du moment.

Un blog qui sera démasqué en 24 heures chrono, le temps qu’une bande de blogueurs s’aperçoive que derrière ces « crêpeuses » se cachent des journalistes, Vincent, Alexandre et Michel…

Dommage, le titre était bien trouvé. Mais il faut bien le dire, 5 mois après, on ne comprend toujours pas ce qui était passé par la tête de ces journalistes encartés. Pour leur défense : « c’était pour la cause d’un article à six mains ». En réalité ? Aucun article n’est jamais sorti. Tentative de pastiche ? Vérification qu’un business existe, celui du blog de meuf ? Jalousie ? Envie ? Bêtise ?

Sans doute un peu de tout ça. Il faut dire que le « blog auto féminin » se pose en nouveau média : En Voiture Carine (leader sur le « segment »), Les Enjoliveuses (doyennes du « marché »), Charlotte au volant (issue d’un schisme avec les Enjoliveuses), La Carista (issue d’un autre schisme du même site), Miss280ch (discrète, mais présente), et aujourd’hui Au Coeur de l’Auto (lancé par une ancienne attachée de presse, avec communiqués à l’appui). J’en oublie certainement, mais pas de doute, y’a du monde.

Connaissant toutes les personnes oeuvrant pour ces blogs (ou presque), il n’y a pas de concurrence réelle entre elles. Finalement, par rapport aux blogs dits « masculins », elles restent relativement peu nombreuses !

Mais leur présence a sans doute le don d’irriter ceux qui croient que bloguer est un business, et que l’automobile est une affaire de mecs !

Bloguer est un business ?

Sûrement qu’à un moment, avec une audience digne de ce nom (ou en acceptant toutes les compromissions possibles), un blog peut devenir un business. Le monde de la mode en est le parfait exemple. Mais pour ce qui est des blogs autos, on est loin du compte. J’ai calculé que si j’acceptais toutes les offres d’articles sponsorisés, je tournerais (vus les tarifs) aux alentours de 500 euros par mois. La pub ? Si j’en crois mon audience pourtant confortable (40 000 VU, environ 150 000 Pages vues par mois), et les tarifs pratiqués, on peut tabler sur 600 à 700 euros par mois : wouah quel business après tant de mois de travail, la publication d’articles à un rythme de dingue : même pas un SMIC.

Bon y’a les avantages en natures : voyages, essais presse, prêts de véhicules. De là à dire que ça nourrit son homme (pardon, en l’espèce, j’aurais du dire sa « femme »).

L’automobile est une affaire de mec ?

Non, l’automobile est une affaire de goût, et d’éducation. On aime la bagnole ou non, on aime conduire ou non. C’est un peu comme dire que la mode ne devrait être qu’une affaire de filles. Mais la bêtise n’est jamais loin quand il s’agit de préserver son pré-carré.

Personnellement, en tant que blogueur (et les collègues femmes que je fréquente et que j’apprécie aussi semble-t-il), je pratique un loisir, sur la base d’une passion… Comme tout le monde, voyant l’ampleur que prend mon blog, je pense à en vivre. Mais comme beaucoup, j’y vais à tâtons, en me demandant ce qu’il est bon de faire ou non, en fonction de mon éthique personnelle, et des enjeux que j’entrevois.

A qui profite le crime ?

J’ai l’impression que ce titre risque de revenir souvent sur l’Oman ! Après de nombreuses discussions avec des journalistes automobile de « presse papier » ou de la télé (la nuance a son importance), je m’aperçois qu’un vrai journaliste auto ne se sent nullement menacé par les blogs, et encore moins par les blogs autos féminin.

La vraie lutte serait donc numérique ? Les robinets d’eau tiède s’inquiéteraient donc du contenu de jeunes sites, et de la différence ? Car après tout, écrire comme une fille, c’est hard : l’une des raisons pour lesquelles les crêpeuses de pignons furent démasquées.

Y-a-t-il un lectorat spécifique ? Sans doute, mais pas dans les proportions marketing imaginées par ce « trio de journalistes rebelles » (ils auraient été quatre, j’aurai pu dire « ce quarteron de journalistes rebelles », le clin d’oeil n’aurait été que plus flagrant).

Ca me fait penser au titre d’un fameux film de Becker : « Touchez pas au Grisbi ! »

Pour en savoir plus sur l’affaire des « crêpeuses de pignons » : http://www.designmoteur.com/2015/02/blogueur-blagueur-crepeuses/

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12 réflexions sur “« Crêpeuse de pignons » : le filon des blogs autos de filles ?

  1. Si une agence de com’ lançait un blog « automobile autrement » et passait des infos constructeurs, genre des CP, mais enrobés dans des articles parlant d’un modèle pas très connu dont on récupère un élément.
    Ça ressemblerait à BR, mais ce serait pas du BR. Ils n’auraient rien à gagner / à te piquer, mais qu’est ce que ça te ferait ?

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  2. C’est assez amusant de voir que près de 6 mois après ce pastiche soit encore cité en référence. La réalité de de blog de filles sans fille est très différente et relève bel et bien de l’expérience. Je m’explique.
    Un beau soir en présentation, en être collègues (et nous étions bien 4, sauf que le 4è n’a pas eu le temps d’œuvrer), on parle de tout et de rien et vient un moment où l’on repère une nouvelle blogueuse dans l’assemblée. Et nous voilà de remarquer que les marques en sont friandes. Alors on se dit que pour la blague, on devrait monter un blog de filles et voir comment il prend. L’idée reste en l’air quelques semaines et un beau matin de février, me disant qu’il ne faut pas insulter les idées rigolotes, je dépose le nom de domaine et en informe les copains. En moins d’une heure, le premier billet est en ligne. Quelques dizaines de minutes après, le compte Twitter est créé et commence à s’abonner aux marques. Les premières n’ont pas mis une heure à réagir et s’abonner. Un dimanche matin, à l’heure d’auto-moto. Là, on se dit qu’on tient quand même quelque chose. Si j’ouvre un compte Twitter perso un dimanche matin et m’abonne aux constructeurs, je doute d’être suivi en retour dans la minute. Bref, on s’amuse et on poste trois billets dans la journée. Le ton amuse et énerve. Il énerve surtout la communauté des blogueurs qui, semble-t-il, prend assez mal le succès assez rapide de ce blog né de nulle part. Plus de 1500 VU en moins de 24 heures. On est nous mêmes assez étonnés.
    Comme on a fait le truc à la va vite, on laisse de grosses traces. La première, ma faute, c’est d’avoir choisi un .xyz en extension. Je trouvais que ça faisait fouillis, genre sac à main. Mais erreur, je n’avais pas vu que chez Gandi, à l’inverse d’un .com ou d’un .fr, le .xyz ne peut pas être anonyme. La trace indélébile est laissée. Et puis il y’en a eu d’autres, toute aussi stupides mais liées à une mauvaise connaissance de WordPress, comme par exemple le fait que le pseudo renvoyait à l’adresse email en clair et que pour certains d’entre nous, celle-ci était carrément identifiée. Bref, du travail d’amateurs.
    Outre la rapidité avec laquelle de nombreuses marques sont tombées rapidement dans le canular, ce qui nous a véritablement surpris c’est l’acharnement qu’on mis la communauté des blogueurs auto à chercher à nous démasquer. Il nous a semblé qu’on gênait. Peut-être qu’on s’est fait des idées, mais ça a donné lieu à des échanges assez virils entre l’un d’entre nous et des blogueurs en place.
    Donc appelle-ça comme tu veux, même de la bêtise si ça te chante, mais en effet, c’était une expérience et notre amateurisme l’a faite avorter toute seule. Notre idée était de la pousser le plus loin possible, avec le salon de Genève en ligne de mire.
    Je précise pour finir qu’à ma connaissance, les marques qui sont tombées dans le panneau sont aujourd’hui à peu près toutes au courant de la supercherie. J’ai moi même discuté de la chose avec l’attaché de presse et responsable des médias numériques de l’un d’eux qui s’en est trouvé très amusé.
    Je termine (vraiment cette fois) en disant que puisque nous avons été identifié, le mieux au lieu de spéculer sur le pourquoi du comment, c’est juste de venir en discuter. Vous ne pensez pas sérieusement que 4 mecs cherchaient à faire du business avec un blog de filles quand même ! Nous avons chacun un métier et souvent pas assez de 24 heures dans une journée pour le faire correctement. Donc juste une expérience qui, si on avait pu, aurait du durer quelques semaines tout au plus. Mais en 48 heures, on en a vraiment déjà appris beaucoup…

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    1. Cher Alex,
      Voilà qui a le mérite d’être clair et qui permet de remettre les choses dans leur contexte.
      Effectivement, c’est un peu une tempête dans un verre d’eau, et c’est cela qui m’amusait. Je remarque comme toi qu’il semble plus pertinent pour être visible de proposer un « angle » à son blog, et s’il est féminin, c’est encore mieux ! Le marketing vénère désormais la femme « décideuse » (la fameuse ménagère) y compris dans l’automobile. Disons que le caractère potache de l’affaire n’était pas aussi claire que dans l’esprit de votre quatuor (si j’avais su que vous étiez 4, le quarteron marchait, grrrr).
      Pour ma part, disons que toutes ces choses m’amusent: faux blog auto féminin, faux ou vrais comptes titter listant les reprises de communiqué ou les articles sponsos non mentionnés, groupes fermés Facebook se moquant des blogueurs ou des Attachées de presse: cela reflète un certain malaise dans l’information automobile, et un côté pas si potache que cela.
      Après je suis d’accord avec toi, ce n’est pas si grave.
      L’essentiel est sans doute le sérieux avec lequel un blog ou un site est fait par un blogueur ou un journaliste (et parfois la différence est mince dans les qualités comme les défauts). Après je te confirme qu’il n’y a pas de marché (sauf à se prostituer) en faisant un blog 😉
      Enfin, l’objectif est atteint: tu es venu expliquer les choses 😉
      Amicalement
      Paul

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      1. Concernant un groupe Facebook fermé auquel tu fais référence (je n’en connais qu’un, mais il peut y en avoir d’autres), la façon dont tu en décris l’objet est fausse. En étant membre, j’en sais quelque chose. Mais étant donnée la manière biaisée dont fuite l’information à son sujet, je n’en suis pas étonné et ne t’en tiens pas rigueur. Sa taupe (ou ses taupes d’ailleurs) prennent un malin plaisir à raconter surtout n’importe quoi à son sujet. La question, là encore, est de savoir à qui profite le crime.

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      2. Tu touches du doigt quelque chose d’important: la transparence. Je ne peux d’ailleurs que saluer ton double commentaire qui va dans ce sens. Après tu sais moi, je suis un peu couillon, et j’aime bien que les choses soient dites. Alors oui, les rumeurs sont nombreuses autour de cette page FB, tout comme elles étaient nombreuses sur « les crêpeuses », et comme elles le sont sur les audiences (au risque de paraître idiot, elles sont aussi pour moi importantes: cela permet d’avoir une juste vision de la réalité, même si rien n’est parfait 😉 )

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  3. Presque en direct, on m’informe qu’un attaché de presse se faisait des cheveux blanc quant à sa réputation sur cette page FB suite à une organisation chaotique d’une opération. Il aura été rassuré d’apprendre que tous les membres du groupe ont surtout cherché à savoir comment il pouvait l’aider dans son organisation. La taupe aura oublié d’en causer…
    Alors oui, il arrive qu’on se moque gentiment d’untel ou d’unetelle, mais on s’y moque avant tout de nous mêmes et le véritable objet de ce groupe est surtout de s’échanger des infos, et des conseils et de se refiler des tuyaux. Et il y a des blogueurs parmi les membres, soit dit en passant.
    Maintenant, c’est un groupe privé qui n’a pas à être transparent et n’a de compte à rendre à personne. Tant pis si ça fait fantasmer.

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    1. Alex, je n’en sais que ce qu’on m’en dit… je n’ai pas l’intention d’être invité sur cette page FB (fermée depuis ? tiens pourquoi ?). Je sais aussi qu’on en a parlé assez loin, puisque cela m’est revenu aux oreilles d’assez loin (la presse écrite quoi !)… Je ne fantasme pas sur ce qui a été dit, d’ailleurs.
      Disons que l’observation des us et coutumes de ce microcosme est parfois intéressant, voire amusant… Ca relativise les leçons données et les reproches « ad hominem » 😉

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      1. Tu sais bien qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui voyons… 😉
        Cela dit, ce que j’en ai entendu dire n’était pas très drôle…
        Sans vouloir jouer le vengeur (pas masqué tu noteras), il semble que cela ait un peu dérivé.
        Mais c’est surtout, mon cher Alex, la lutte journaliste/blogueur qui n’a pas lieu d’être: on parle tous de la même chose, et globalement, même si des blogueurs n’ont pas de cartes de presse, la qualité est la même (du moins sur les blogs et sites sérieux). On a aussi tous les mêmes contraintes, enfin entre guillemets. On ne m’enlèverait pas de l’idée qu’avoir une carte de presse et bosser pour une chaîne « auto » d’un grand site international (Yaaaa… ouuuuuu) implique de ressortir du communiqué aussi. Pour faire de l’audience, faut faire du flux non ?
        Enfin je dis ca je dis rien… Mais l’affaire du compte Twitter recensant les « communiqués » de presse m’a bien fait rire sur le coup 😉

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